Menthe Pétrole

Menthe Pétrole : installation in situ à L’Espace Sant-Mengold, réalisée avec Benoît Moureau, dans le cadre de l’exposition d’été : « Afrique », organisée par la ville de Huy et la Fondation Bolly-Charlier (17 juin – 13 août 2017).

« Menthe Pétrole »… Sous ce titre dont l’accouplement de mots semble à la fois tenir du jeu d’enfants, du cocktail indigeste ou du marché de dupes, le duo d’artistes Soulira Kerri et Benoit Moureau opte pour une proposition en dialogue ou en écho avec les autres œuvres de l’exposition, avec leurs problématiques, avec leurs connotations; s’ouvre ici une dimension à la fois plus réflexive, critique, évolutive aussi. Car en faisant affleurer une décoction de menthe à la mince surface d’eau d’un caisson de bois brûlé, à la fois au cœur d’une église et d’une proposition collective, les artistes convoquent un imaginaire et des symboles assez facilement reliables à l’Afrique (voire à ses clichés), ou encore au deuil (l’aspect gisant) ou au recueillement. Mais le processus naturel induit aussi un fragile équilibre entre le buvable et l’impropre, le plaisant et le repoussant, thé vert et or noir, avant-garde ou arrière-goût, dans un mélange de couleurs, d’odeurs, de présence et de résonance particulier.
A la rencontre du thème, des autres œuvres, mais aussi des spectateurs et de leurs interprétations (ou de leurs préjugés), cette pièce, bien qu’atypique au regard de la dimension participative, publique ou politique des installations et refuges qu’ils proposent habituellement, reflète bien le positionnement subtil et plurivoque de leur réflexion…
Texte d’Emmanuel d’Autreppe, curateur de l’exposition pour la fondation Bolly-Charlier.

Description formelle de l’installation et de son évolution dans le temps :

Menthe Pétrole est une installation au sol d’une largeur maximale de 4 x 4 mètres. Il s’agit d’un carré aux bords extérieurs avec un cadre supérieur de bois de sapin brulés. Le fond de ce carré est réalisé avec du bois de sapin poncé sans autre modification et complété d’une bâche étanche transparente ou semi-opaque. Le tout est rempli d’eau infusée de thé vert à la mente. Au-delà d’un délai variant de 10 à 60 minutes, le thé en se refroidissant s’oxyde en surface laissant peu à peu apparaitre une fine pellicule aux divers reflets. A mesure du temps et des jours, cette pellicule s’épaissit formant des tâches d’oxydation de plus en plus opaques et intenses. “En fin” : le liquide s’évapore ne laissant plus que sur le fond de l’installation des nappes humides d’oxydation de couleur foncée.

Détail de « Menthe Pétrole » à plus de 40 jours.